lundi 15 juin 2009

La dépendance alimentaire

Il y a quelques jours, j’ai assisté à une conférence sur l’avenir du climat et les conséquences sur la planète. L’orateur disait qu’il aura probablement une augmentation des besoins alimentaires mondiales, à cause de l’augmentation de la population mondiale et des changements d’habitudes alimentaires. Mais il disait aussi que ces nouveaux besoins pourraient êtres couverts d’une façon globale, en produisant la où il y a les ressources, par exemple en l’Amérique Latine, où aujourd’hui seulement 19% du territoire exploitable est utilisé.

Et cela m’a fait penser à la politique alimentaire au Venezuela. Depuis quelques années on produit de moins en moins au Venezuela, à cause de la politique du gouvernement qui cherche à débiliter l’industrie privée vénézuélienne car il la voit comme une force importante opposée au gouvernement. Malheureusement, cette politique n’a produit que le désapprovisionnement de pas mal de produits. Aujourd’hui le gouvernement doit importer des aliments basiques qu’on avait traditionnellement produits, comme le lait ou la viande.

Alors que dans le monde, la plupart des pays essaient d’assurer leur indépendance alimentaire ou d’assurer un approvisionnement a long terme, le Venezuela satisfait de moins en moins ces propres besoins, alors qu’on dispose de l’eau et des ressources technologiques nécessaires pour produire nos biens alimentaires. J’espère que ces décisions, prises seulement par des raisons politiques, n’entraînent pas des conséquences dévastatrices à long terme.

samedi 6 juin 2009

La bataille de la propagande électorale


Cette photo vous surprends ? J’imagine que non car la répartition équitable de la propagande électorale en France est tout à fait normale.

Moi, ça m’a surpris énormément la première fois que j’ai le vu, car au Venezuela, les panneaux électorales sont collés un peu partout, là où il y a de la place, mais surtout, sans aucune prévision ou réglementation sur combien des panneaux chaque parti politique a le droit d’afficher. Alors, la quantité des panneaux devient une question d’argent, le parti politique qui en a le plus fait le plus de propagande. Et au Venezuela, un pays où le principal business, le pétrole, est géré sans aucun scrupule par le gouvernement en ce moment, vous pouvez imaginer qui gagne cette bataille.

lundi 1 juin 2009

De la peur ou du pur despotisme ?

Depuis quelques jours, Mario Vargas Llosa, ainsi qu’autres intellectuels latinoaméricains sont au Venezuela pour discuter dans un forum sur la liberté et la démocratie. Pour les défier, Chavez les a invités à débâtir publiquement avec lui dans son programme télévisé qui allait durer 4 jours.

Tandis que les intellectuels décident d’accepter l’invitation et de nommer Vargas Llosa comme leur représentant dans ce débat, Chavez suspende son émission et se rétracte en disant qu’ils ont mal compris, qu’il avait invité les intellectuels étrangers à débâtir avec les intellectuels socialistes vénézuéliens, mais pas avec lui, qu’il allait seulement être le modérateur, car pour débâtir avec lui, il faudra à Vargas Llosa d'être le président du Pérou.

Je ne sais pas si Chavez a eu peur de débâtir publiquement avec Vargas Llosa ou si c’est simplement un acte de despotisme, mais quelle que soit la raison de cette décision, le message est très clair pour moi : le vrai débat d’idées n’existe pas au Venezuela. Je ne peux pas imaginer une démocratie où il faut être Président pour s’adresser au Président. Si Vargas Llosa n’a pas gagné le droit de discuter avec Chavez, alors quel vénézuélien qui ne partage pas ses idées pourrait le prétendre ?

jeudi 28 mai 2009

Un vrai feuilleton !


Peut-être vous le savez déjà, mais Chavez depuis le début de son gouvernement parle à la télévision tous les dimanches, dans un programme qui s’appelle «Allo Président » dont le record de durée est 8 heures. Dans ce programme, il donne des ordres à ses ministres, il chante, il parle de sa famille et même il vire des gens. Ce programme va avoir 10 ans ce week-end, et pour le fêter, Chavez a annoncé qu’il allait réaliser une émission de 4 jours, qui commence aujourd’hui et qui va durer jusqu’au dimanche. Il a dit que l’émission serait comme un feuilleton avec des chapitres où il parlera du pays, des anciennes émissions, des chefs d’état qui ont été invités, il prendra des décisions, il fera des pauses.

C’est pittoresque si vous voulez, mais c’est grave. Le plus grave, sans compter que le président ne travaille pas (il dit que si parce qu’il prend des décisions en direct sur la télévision) c’est que ce programme passe dans la télévision publique, l’équivalent de France Télévision. Imaginez-vous la répartition du temps de parole ?. Tandis que en ce moment ici pour les élections européennes chaque parti politique a le droit au même temps de publicité sur chaque chaîne, nous au Venezuela on a le droit à notre Président pendant 4 jours. Chavez a bien raison, c’est un vrai feuilleton !

C’est pour des exemples comme celui-là que je trouve un peu contradictoire que ceux qui se plaignent ici de que votre président apparaît trop à la télévision sont, en général, les mêmes qui font l’éloge à Chavez.

lundi 25 mai 2009

En augmentant encore plus le control…

Imaginons qu’en France il y a des élections des figures politiques régionales les plus importantes, les mairies par exemple, et que le parti politique du gouvernement perd les plus importantes, disons Paris, Lyon, Marseille, Toulouse… Alors, le Président de la République en se rendant compte de la perte de pouvoir que cela représente décide de créer une nouvelle figure administrative, qui est nommé directement par le président, qui est juste au-dessus de mairies, mais qui maintenant va administrer l’argent de la mairie et qui va lui prendre ce qui lui corresponde. Une façon de contrôler directement les mairies.

Pensez-vous qu’on accepterait cela en France ? Je pense que non, mais c’est pourtant ce qui arrive au Venezuela.

Il y a quelque mois, il a eu des élections de gouverneurs et des maires au Venezuela, les figures politiques les plus importantes dans les régions. De façon générale, Chavez a gagné la plupart d’entre eux, mais il a perdu quelques-unes des plus importantes comme Maracaibo ou la ville de Caracas qui abrite les bidonvilles les plus pauvres de Venezuela. Alors Chavez, a simplement créé des nouvelles figures administratives au-dessus des premières afin de continuer à contrôler les gouvernements locaux qu’il a perdus pour la voie électorale.

jeudi 21 mai 2009

Un excès de liberté d’expression ?


C’est une des phrases les plus absurdes que j’ai entendu dernièrement dans les infos vénézuéliennes, mais c’est la phrase qui a été prononcée il y a quelques jours par un haut fonctionnaire du gouvernement vénézuélien à propos des médias.

Depuis quelques années la guerre contre les médias au Venezuela prend de l’ampleur. Il y a deux ans, le gouvernement a fermé le signal ouvert de RCTV, la chaîne de télévision la plus ancienne du pays. Maintenant, elle ne peut transmettre que par le câble, c’est-à-dire, pour une petite partie de la population. Aujourd’hui c’est la chaîne d’information « Globovision » qui est visée, sous prétexte d’avoir provoqué la panique dans la population pour avoir informé du séisme qui a eu lieu au centre du pays le 6 mai dernier, avant que le gouvernement l’ait fait.

La vérité est que c’est la seule chaîne de télévision où l’opposition au peut avoir la parole. Depuis quelques années, et surtout après la fermeture de RCTV, le reste des directives des chaînes de télévision privées ont décidé de se taire afin de pouvoir garder ses concessions. Et évidemment, sur les media de l’état (l’équivalent vénézuélien de France télévision), c’est de la propagande du gouvernement qui tourne en boucle, il n’y a aucune représentation de l’opposition. Les lois qui règlent le temps de parole ne sont pas respectées. Alors, Globovision c’est la seule chaîne de télévision gratuite qui empêche encore au gouvernement de contrôler toute l’information au pays et cela est considéré comme un excès de liberté d’expression.

dimanche 17 mai 2009

Le flux migratoire. La direction change


Il y a quelques semaines, j’ai reçu un commentaire d’un français qui est partie il y a 20 ans au Venezuela et qu’y est resté. Il parlait de la gentillesse de son peuple et de comment cela a changé les dernières années. Incités par le discours de l’actuel gouvernement, les vénézuéliens deviennent de plus en plus intolérants vers les autres.

Son commentaire m’a rappelé qu’on était un pays ouvert à l’immigration. Dès début du XX siècle jusqu’à la fin des années soixante-dix, le Venezuela a reçu beaucoup d’immigrés, venant surtout de l’Espagne, l’Italie et le Portugal, et, en Amérique Latine, de la Colombie. C’étais un pays accueillant et plein d’opportunités, où tout le monde pouvait s’intégrer et même faire fortune.

Aujourd’hui, ce sont les enfants et petits-enfants de ces immigrés qui revient sur la terre de leurs parents. Certes, le niveau de vie de ces pays est meilleur aujourd’hui que quand leurs parents sont partis, mais c’est surtout la dégradation de la situation sociale, économique et politique au Venezuela qui fait que l’on devient un pays dont ses citoyens commencent à émigrer. C’est la première fois dans notre histoire que l’immigration se fait dans le sens inverse. Malheureusement, ceci indique les conditions actuelles de notre pays.