De quoi a-t-on besoin pour exercer le droit de vote dans un pays démocratique ? En France, par exemple, on doit être français tout simplement et avoir un certain age. Et dans le cas d'un expatrié ? C'est la même chose, rien ne change car le pays d'accueil n'a rien à voir avec le droit de vote d'un citoyen français. C'est une question de souveraineté, aucun pays ne pourrait jamais imposer des conditions à la France pour laisser voter ses citoyens.
Mais mon expérience comme citoyenne vénézuélienne a été différente. Car le vote par procuration n’existe pas, il faut s’inscrire et voter au consulat. Pour le faire, en 2004 (l’année où j’ai me suis inscrit), il fallait présenter le titre de séjour français en règle ! C’est-à-dire, il fallait habiter ici légalement.
Mon vote dépendait alors du Venezuela et d'un pays étranger. Être un sans papier vénézuélien en Europe ou aux États-Unis aujourd’hui entraîne la perte du droit au vote. Je peux comprendre que quelqu’un qui habite de façon illégale dans un pays étranger ne puisse pas profiter de tous les droits dans ce pays, mais je ne peux pas comprendre que ça soit son propre pays qui lui nie ses droits.
Au Venezuela cette mesure répond clairement à un choix politique pour diminuer les votes contre Chavez, car ces dernières années, les vénézuéliens ont commencer à émigrer et les plus pauvres devient des sans papiers en Espagne, aux Etats-Unis ou ailleurs (les plus riches n’ont pas ce problème car ils peuvent s’installer sans problème légalement n’importe où ou simplement ils ne sont pas obligés à quitter le Venezuela par des raisons économiques). Ces vénézuéliens, obligés à quitter le pays, ne soutiendrons pas le gouvernement de Chavez dans une élection, alors on les empêche de voter par un moyen "légal" : pas de papiers, pas de vote.
Je ne sais pas si aujourd’hui les mêmes restrictions existent. Le consulat du Venezuela ne donne pas d’information ni sur les documents à fournir ni sur les dates dans lesquelles il est possible de s’inscrire au registre électoral. C’est aussi une autre façon de décourager les votants.
dimanche 19 juillet 2009
mercredi 15 juillet 2009
De la pure hypocrisie
Chavez, de la même façon que beaucoup d’autres gouvernements et citoyens, a toujours condamné l’embargo des Etats-Unis contre le Cuba, mais aujourd’hui il essaie d’utiliser les mêmes moyens de pression contre un autre pays.
Suite au coup d’état à Honduras et à l’instauration d’un nouveau gouvernement qui ne partage pas sa politique, Chavez a proposé d’imposer un blocage contre le pays et de ne plus lui envoyer du pétrole. Pour moi, c’est utiliser le pouvoir, tout comme a fait à l’époque les Etats-Unis, contre un pays qui se détache de sa politique, tout comme à l’époque l’a fait le Cuba. J’ai bien peur que comme dans le cas cubain, ce type de blocage n’affecte qu’aux citoyens les plus démunies. Les gouvernants, ainsi que les classes privilégiées ont toujours les moyens pour s’en sortir.
Est-ce que Chavez a oublié ses convictions ou c’est que ses convictions dépendent simplement de à qui profite l’embargo ?
Suite au coup d’état à Honduras et à l’instauration d’un nouveau gouvernement qui ne partage pas sa politique, Chavez a proposé d’imposer un blocage contre le pays et de ne plus lui envoyer du pétrole. Pour moi, c’est utiliser le pouvoir, tout comme a fait à l’époque les Etats-Unis, contre un pays qui se détache de sa politique, tout comme à l’époque l’a fait le Cuba. J’ai bien peur que comme dans le cas cubain, ce type de blocage n’affecte qu’aux citoyens les plus démunies. Les gouvernants, ainsi que les classes privilégiées ont toujours les moyens pour s’en sortir.
Est-ce que Chavez a oublié ses convictions ou c’est que ses convictions dépendent simplement de à qui profite l’embargo ?
mardi 30 juin 2009
Un oubli ?

Je ne suis pas d’accord avec les coups d’état. Je pense que les changements politiques doivent êtres faits dans la légalité, mais je ne supporte pas l’hypocrisie. Hier, Chavez a condamné le coup d’état en Honduras, en disant qu’un président élu démocratiquement par le peuple ne doit pas être renversé dans aucun cas par l’armé. Je suis tout à fait d’accord, mais je n’oublie pas la tentative de coup d’état fait par Chavez lui même au Venezuela en 1992, contre un président élu démocratiquement ; tentative qui a été même condamné à l’époque par Fidel Castro. Je n’oublie pas les morts qu’il y a eu, comme les agents de sécurité de la télévision publique qui a été prise par Chavez pour annoncer qu’il avait réussi à prendre le gouvernement. Je n’oublie pas non plus l’image d’un char de guerre en rentrant dans le palais de Miraflores (l’équivalent de l’Elysée). Mais surtout, je n’oublie pas la peur que j’ai eu d’imaginer une dictature militaire s’établir dans mon pays.
Aujourd’hui Chavez appelle à la démocratie, mais il y a 17 ans, il justifiait son action par les mauvaises actions du gouvernement en place (la même excuse des militaires honduriens aujourd’hui). Son discours dépend alors seulement de ses intérêts. Pour moi un coup d’état, ce n’est jamais justifiable.
dimanche 21 juin 2009
Séparation des pouvoirs publics ?
Cette semaine, Isaias Rodríguez, un homme de confiance de Chavez vient d'être nommé ambassadeur du Venezuela en Espagne. Rien de spécial si ce n'est pour le fait que cette personne a fait partie des trois pouvoirs publics au Venezuela dans les dix dernières années et sous le même gouvernement.
De 2000 à 2007 il a été "Fiscal General de la República" (ce qui pourrait être traduit par Procureur Général de la République), un fonctionnaire placé au sommet de la hiérarchie du ministère public et chargé d'assurer la cohérence, le bon fonctionnement et l’indépendance de l'exercice public. Ensuite, il a été nommé en 2007 magistrat du Tribunal Suprême de Justice, la plus haute instance du Pouvoir Judiciaire du pays, dans un poste qu’il a exercé jusqu'à maintenant. Finalement, il fera partie du Pouvoir Exécutif comme ambassadeur en Espagne.
Ceci n’est qu’un exemple qui montre que les limites entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont de plus en plus flous au Venezuela, voir inexistants. On a l’impression que c'est un seul homme qui gouverne, fait les lois et la justice à travers de ses collaborateurs qu'il place là où il en a besoin.
Simon Bolivar, le vénézuélien libérateur d'une grande partie d'Amérique du Sud et héros de Chavez à dit en 1814 : "fuyez le pays où un seul homme exerce tous les pouvoirs: c'est un pays d'esclaves". Malheureusement, ce conseil prend tout son sens aujourd’hui au Venezuela .
De 2000 à 2007 il a été "Fiscal General de la República" (ce qui pourrait être traduit par Procureur Général de la République), un fonctionnaire placé au sommet de la hiérarchie du ministère public et chargé d'assurer la cohérence, le bon fonctionnement et l’indépendance de l'exercice public. Ensuite, il a été nommé en 2007 magistrat du Tribunal Suprême de Justice, la plus haute instance du Pouvoir Judiciaire du pays, dans un poste qu’il a exercé jusqu'à maintenant. Finalement, il fera partie du Pouvoir Exécutif comme ambassadeur en Espagne.
Ceci n’est qu’un exemple qui montre que les limites entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont de plus en plus flous au Venezuela, voir inexistants. On a l’impression que c'est un seul homme qui gouverne, fait les lois et la justice à travers de ses collaborateurs qu'il place là où il en a besoin.
Simon Bolivar, le vénézuélien libérateur d'une grande partie d'Amérique du Sud et héros de Chavez à dit en 1814 : "fuyez le pays où un seul homme exerce tous les pouvoirs: c'est un pays d'esclaves". Malheureusement, ce conseil prend tout son sens aujourd’hui au Venezuela .
jeudi 18 juin 2009
Déguiser la répression

Un gouvernement a différentes façons de censurer ou de fermer un media. La façon directe : la fermeture du media ou l'annulation de sa concession pour transmettre en signal ouvert, comme c’est arrivé à la chaîne de télévision RCTV l’année dernière au Venezuela. Mais, ce n’est pas courant de nos jours, car au niveau international ceci est une indication claire de la manque de liberté d’expression dans un pays.
Il y a une façon plus discrète de fermer un media. Le gouvernement entame un procès contre le media, sous n’importe quelle excuse, et puis lui oblige à payer une amende d’un montant qui compromette les finances du media. C’est justement ce qui est arrivé à la chaîne de télévision Globovision ce mois, à qui une amende initialement annoncée à 5 millions de bolivars, mais finalement fixée à 9 millions (4,2 millions de dollars) a été donnée il y a quelques jours.
La chaîne de télévision a pris l’initiative de collecter de l’argent entre les vénézuéliens pour payer cette amende. Cette initiative a mobilisé la population ce qui révèle l’intérêt du pays pour défendre sa liberté d’expression. Ceci n’a pas beaucoup plu au gouvernement qui ne lâche pas l’affaire et qui vient d’entamer un autre procès contre la même chaîne, mais cette fois avec le but de la fermer directement. Affaire à suivre…
lundi 15 juin 2009
La dépendance alimentaire
Il y a quelques jours, j’ai assisté à une conférence sur l’avenir du climat et les conséquences sur la planète. L’orateur disait qu’il aura probablement une augmentation des besoins alimentaires mondiales, à cause de l’augmentation de la population mondiale et des changements d’habitudes alimentaires. Mais il disait aussi que ces nouveaux besoins pourraient êtres couverts d’une façon globale, en produisant la où il y a les ressources, par exemple en l’Amérique Latine, où aujourd’hui seulement 19% du territoire exploitable est utilisé.
Et cela m’a fait penser à la politique alimentaire au Venezuela. Depuis quelques années on produit de moins en moins au Venezuela, à cause de la politique du gouvernement qui cherche à débiliter l’industrie privée vénézuélienne car il la voit comme une force importante opposée au gouvernement. Malheureusement, cette politique n’a produit que le désapprovisionnement de pas mal de produits. Aujourd’hui le gouvernement doit importer des aliments basiques qu’on avait traditionnellement produits, comme le lait ou la viande.
Alors que dans le monde, la plupart des pays essaient d’assurer leur indépendance alimentaire ou d’assurer un approvisionnement a long terme, le Venezuela satisfait de moins en moins ces propres besoins, alors qu’on dispose de l’eau et des ressources technologiques nécessaires pour produire nos biens alimentaires. J’espère que ces décisions, prises seulement par des raisons politiques, n’entraînent pas des conséquences dévastatrices à long terme.
Et cela m’a fait penser à la politique alimentaire au Venezuela. Depuis quelques années on produit de moins en moins au Venezuela, à cause de la politique du gouvernement qui cherche à débiliter l’industrie privée vénézuélienne car il la voit comme une force importante opposée au gouvernement. Malheureusement, cette politique n’a produit que le désapprovisionnement de pas mal de produits. Aujourd’hui le gouvernement doit importer des aliments basiques qu’on avait traditionnellement produits, comme le lait ou la viande.
Alors que dans le monde, la plupart des pays essaient d’assurer leur indépendance alimentaire ou d’assurer un approvisionnement a long terme, le Venezuela satisfait de moins en moins ces propres besoins, alors qu’on dispose de l’eau et des ressources technologiques nécessaires pour produire nos biens alimentaires. J’espère que ces décisions, prises seulement par des raisons politiques, n’entraînent pas des conséquences dévastatrices à long terme.
samedi 6 juin 2009
La bataille de la propagande électorale
Cette photo vous surprends ? J’imagine que non car la répartition équitable de la propagande électorale en France est tout à fait normale.
Moi, ça m’a surpris énormément la première fois que j’ai le vu, car au Venezuela, les panneaux électorales sont collés un peu partout, là où il y a de la place, mais surtout, sans aucune prévision ou réglementation sur combien des panneaux chaque parti politique a le droit d’afficher. Alors, la quantité des panneaux devient une question d’argent, le parti politique qui en a le plus fait le plus de propagande. Et au Venezuela, un pays où le principal business, le pétrole, est géré sans aucun scrupule par le gouvernement en ce moment, vous pouvez imaginer qui gagne cette bataille.
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